La traite des êtres humains

01 Définition de la traite

La traite des êtres humains est une forme moderne de l’esclavage. Une personne qui exploite une autre personne pour en tirer profit. C’est le crime haineux de celui qui vole la liberté et la dignité d’un être humain pour s’enrichir.

C’est un phénomène complexe qui porte atteinte aux droits fondamentaux des victimes. Chaque année, des millions de femmes, hommes et enfants en sont victimes. La traite est souvent un phénomène international car beaucoup de victimes sont transportées d’un pays à l’autre. Mais il ne faut pas oublier les personnes qui sont victimes dans leur propre pays, même des belges en Belgique !

La traite des êtres humains est un business très lucratif. Grace à la vente et l’exploitation des victimes, les réseaux financent leurs différentes activités criminelles. Mais toutes les victimes ne tombent pas dans les mains d’un réseau : l’exploiteur peut aussi agir seul pour son propre bénéfice (comme le font les loverboys) ou même n’avoir aucun lien avec la criminalité (comme une famille qui exploite une domestique).

En Belgique le Code Pénal définit la traite par deux éléments constitutifs :

  • 1. Une action

    Le fait de recruter, transporter, transférer, héberger, accueillir une personne, ou encore passer ou transférer le contrôle exercé sur elle.

  • 2. Une finalité

    Dans le but de l’exploiter, c’est-à-dire d’en tirer profit, de lui prendre ses revenus ou lui en donner beaucoup trop peu

Ceci est une explication simplifiée, la définition exacte se trouve dans les textes de loi belges et internationaux.

02 Les formes de la traite

La traite des êtres humains est un phénomène multiforme qui s’accompagne souvent de violences physiques et/ou psychologiques. Les formes d'exploitation les plus communes sont les suivantes:

  • L'exploitation sexuelle

    L'exploitation sexuelle

    Souvent quand on parle de traite, on pense à la prostitution forcée. C’est en effet la forme la plus connue et la plus signalée, mais attention, les travailleurs-ses du sex ne sont pas toutes victimes de traite. Il y a aussi des victimes d’exploitation sexuelle dans le milieu de la pornographie, les salons de massage, les bars à champagne ou encore dans des relations de ’loverboys’.

  • L’exploitation économique

    L’exploitation économique

    Les victimes sont obligées de travailler dans des conditions contraires à la dignité humaine, sans salaire ou presque. Les secteurs à plus haut risque sont le bâtiment, l’agriculture, l’horeca et le travail domestique. Mais des victimes sont retrouvées un peu partout : hangars de tri de vêtements, carwash, clubs de football, manèges, salons de coiffure, salons de manucure, boulangeries, et beaucoup d’autres. Aucun secteur d’activité économique n’est épargné.

  • L’exploitation de la mendicité

    L’exploitation de la mendicité

    Les victimes sont obligées de mendier et de donner tout (ou presque tout) ce qu’elles ont récolté au milieu qui les exploite. Souvent il s’agit d’un membre de leur famille ou de leur clan, ce qui rend encore plus difficile pour les victimes se libérer de l’emprise, car il y a un lien d’amour, de sang ou de loyauté.

  • Prélèvement illégale d’organes et trafic

    Prélèvement illégale d’organes et trafic

    Cette forme de traite implique le prélèvement d’une partie du corps de la victime, généralement le foie ou les reins, pour la vendre illégalement. Souvent les exploiteurs promettent des sommes élevées aux victimes, qui espèrent ainsi garantir un meilleur avenir pour elles et leurs familles.

  • Afin de faire commettre un crime ou un délit contre son gré

    Afin de faire commettre un crime ou un délit contre son gré

    Les victimes sont obligées de commettre une activité illégale sous la contrainte, par exemple le transport de drogue, l’entretien de plantation de cannabis, le vol à la tire, ou la fraude en matière de protection sociale.

03 Le trafic n'est pas traite

Attention à ne pas confondre TRAITE et TRAFIC des êtres humains. Ce sont deux choses différentes.

Le trafic n'est pas traite

Le trafiquant d’êtres humains facilite le passage d’une personne d’un pays à un autre contre rémunération. Il s’agit donc de faire traverser illégalement des frontières pour gagner de l’argent. (La traite des êtres humains, au contraire, ne nécessite pas le passage d’un pays à un autre et implique toujours une exploitation ).

Mais parfois le trafic peut se transformer en traite… Même si de nombreuses personnes sont consentantes au départ de leur voyage, elles ne réalisent pas le prix qu’elles devront peut-être payer par la suite. Les migrations irrégulières créent un contexte propice à l’exploitation de la vulnérabilité des personnes.

04 Qui sont les victimes ?

Toutes partagent le même rêve, celui d’un avenir meilleur… et ensuite la malchance de rencontrer une personne sans scrupules pour tirer profit de ce rêve !

La traite des êtres humains peut toucher n’importe qui. Peu importe l’âge, le sexe, le niveau d’études, le pays, ou encore l’origine socio-économique, tout-un chacun peut devenir victime. L’échelle de la traite des êtres humains est difficile à quantifier en raison de sa nature cachée:

  • L’Organisation Internationale du Travail estime à plus de 24 millions de victimes dans le monde.
  • En Belgique les estimations du Global Slavery Index parlent de 23.000 victimes !

Depuis sa fondation en 1994 PAG-ASA a accompagné plus de 1.500 victimes qui ont été exploitées ici en Belgique:

  • 900 Femmes
    900
    Femmes
  • 600 Hommes
    600
    Hommes
  • 1.300 Adultes
    1.300
    Adultes
  • 200 Enfants
    200
    Enfants
  • 600 Victimes d'exploitation sexuelle
    600
    Victimes d'exploitation sexuelle
  • 600 Victimes d'exploitation économique
    600
    Victimes d'exploitation économique
  • 300 Victimes d'autres formes d'exploitation
    300
    Victimes d'autres formes d'exploitation
  • 100 Nationalités
    100
    Nationalités

05 Reconnaitre les victimes

Une identification précoce est cruciale non seulement pour pouvoir aider et protéger rapidement les victimes, mais aussi pour mieux poursuivre les coupables et les incriminer.

Pourtant, seule une petite partie des victimes est identifiée.Les autres vivent dissimulées dans les recoins de notre société.

Reconnaitre les victimes

Vous êtes un professionnel et vous souhaitez suivre une formation pour mieux pouvoir identifier les victimes ?

Contactez nous !

Plusieurs indicateurs peuvent vous aider à reconnaitre une situation potentielle de traite des êtres humains.

Les indicateurs sont des signaux d’alarme : lorsque plusieurs sont présents, il est possible que l’on se trouve face à une situation de traite.

  • Pas de liberté de mouvement
  • Aucun ou peu de contacts sociaux
  • Documents d’identité confisqués
  • Peur de parler de sa situation
  • Peur des personnes qui l'entourent
  • Méfiance vis à vis des autorités
  • Conditions de travail extrêmement mauvaises
  • Logement sur le lieu de travail
  • Pas (ou presque pas) de rémunération
  • Obligation de rembourser une dette importante
  • Signes de violence physique ou psychologique

Attention ceci est une sélection des indicateurs que nous rencontrons le plus souvent, mais elle n’est pas exhaustive. 

Si vous avez rencontré une personne dans une situation qui correspond à plusieurs indicateurs, n’hésitez pas à nous contacter pour en parler avec nous.

Si la victime est en situation de danger immédiat contactez la police

En cas de danger immédiat, contactez la police : 112

06 L'impact sur les victimes

La traite des êtres humains, l’exploitation et les violences associées ont de graves conséquences physiques, psychologiques, et sociales sur la santé des victimes. En plus, pour les enfants victimes, ces conséquences menacent leur développement physique, psychologique et social, même à l’âge adulte.

Le danger le plus immédiat est la violence physique provenant de leur(s) exploiteur(s). De nombreuses victimes disent avoir été frappées à coups de poings et de pieds, brûlées avec des cigarettes ou violées pour avoir refusé de travailler. Les séquelles physiques sont donc nombreuses: blessures internes et externes, fractures et autres.


Les violences psychologiques, les menaces et la peur constante, sont moins visibles mais ne sont pas moins douloureuses. Les séquelles incluent entre autres : perte d’estime et de confiance en soi, méfiance vis-à-vis des autres, sentiment de honte et de culpabilité, et manque de respect pour elles-mêmes. Certaines victimes font des cauchemars, ont des insomnies, des crises de désespoir ou des dépressions. Pour tenter d’oublier leur vécu, certaines se réfugient dans l’alcool et la drogue.


Lorsqu’elles sont victimes d’exploitation sexuelle, elles risquent en plus des infections sexuellement transmissibles, n’étant pas en position de réclamer l’usage de préservatifs ou n’ayant jamais reçu d’informations sur l’importance de la protection lors de rapports sexuels. En cas de grossesse le risque d’un avortement forcé et/ou non-médicalisé est réel, pouvant entraîner de graves lésions sur le plan physique et psychique.


Enfin, l’impact social est énorme. Lorsqu’une victime a ainsi été privée de toute dignité, il est difficile de retrouver sa place dans la société, de retrouver comment lier des relations saines et de confiance.

L'impact sur les victimes

07 La procédure de protection en Belgique

En Belgique, il existe une procédure de protection et d’assistance pour les victimes de la traite. Trois centres (PAG-ASA à Bruxelles, Payoke à Anvers, Sürya à Liège) sont reconnus par les autorités fédérales pour venir en aide aux victimes dans le cadre de cette procédure.

Les personnes reçoivent un accompagnement intégral et sur mesure, qui peut durer plusieurs années. Notre objectif est de les soutenir dans leur reconstruction personnelle. En plus, elles reçoivent un soutien spécialisé dans toutes leurs démarches administratives et juridiques, qui sont souvent très lourdes et compliquées. Pour en savoir plus sur l’aide que nous offrons : Soutiens aux victimes

La procédure de protection en Belgique

Pour avoir accès à l’assistance et à la protection, les victimes doivent respecter trois conditions :

Ne plus avoir de contact avec le(s) auteur(s) présumé(s)

Ne plus avoir de contact avec le(s) auteur(s) présumé(s)

Collaborer avec la police et la justice (c’est-à-dire donner des informations ou faire des déclarations ou porter plainte)

Collaborer avec la police et la justice (c’est-à-dire donner des informations ou faire des déclarations ou porter plainte)

Accepter l’accompagnement d’un centre spécialisé

Accepter l’accompagnement d’un centre spécialisé

08 Travail en réseau

Pour que la lutte contre la traite des êtres humains soit efficace, la collaboration de tous les acteurs impliqués est essentielle.

Du policier qui rencontre une victime potentielle au procureur qui écoute son témoignage et poursuit l’enquête... De l’inspecteur du travail qui découvre une situation d’exploitation grave au fonctionnaire de l’Office des Etrangers qui délivre les documents de séjour… De l’assistant social d’un centre spécialisé qui soutient la victime au juge du tribunal qui condamne le criminel…

Tous ces acteurs sont partenaires dans ce qu’on appelle une approche multidisciplinaire en chaîne. Chaque partenaire a une mission bien spécifique, complémentaire à celle des autres. C’est une chaîne qui englobe toutes les étapes de détection, identification, protection, soutien, enquête, arrestation, poursuite, condamnation, et réparation. Cette approche a en effet pour objectif la protection des victimes ET la condamnation des criminels.

Travail en réseau

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